L'Afrique de l'est 2004


KenyaTanzanieOuganda

 ... Hakuna Matata !
  (Jörg Prüger et Heiko Otto)


première page route de voyage Itinéraire de l'ascension

Des vitres vibrants, des amortisseurs claquant, une carrosserie grinçante, un fond sonore infernal nous fait escorte depuis des heures pendant ce voyage en car de Mombasa à la ville frontière entre la Tanzanie et la Kénya de Toveta. La partie bitumée de la route défoncée et cahoteuse est derrière nous depuis longtemps. La piste qui suit détrempée par la pluie est dans un état beaucoup pire encore, mais le conducteur de bus ne semble pas encore l'avoir remarqué. Au moins, cela ne l'a aucunement motivé encore à réduire la vitesse casse- cou périlleuse pour le matériel et la colonne vertébrale. Je m' attends instinctivement à chacun des cahots à ce qu' un des amortisseurs  désespéremment surchargés cesse de foncionner, qu'un essieue se rompe, qu' une des vitres vibrant dangereusement se casse. Rien de tel cependant ne se produit. Le car, vieux comme il est, a dû déjà résister à moitié à une centaine de ces voyages. Pourquoi est-ce qu'il devrait tomber en panne cette fois ?


Diaporama "Kilimandjaro"
Diaporama "Lac Manyara"
Diaporama "Cratère du Ngorongoro"
Lancer le diaporama

Diaporama "Sur la route en Afrique de l'Est"
Diaporama "Pays et peuple"
Diaporama "Tout le reste"


Les vibrations diminuent. Le car s'arrête. Quelques passagers veulent sortir encore bien qu'il n'y ait rien à voir dehors: aucun village, pas de lumière, rien que la nuit noire. Comme lors des arrêts précédents le receveur, qui fait aussi office de mécanicien, saute lui aussi du car. A l'aide d'une clef à écrous et d'un marteau, il contrôle en toute hâte les roues et les essieues. Le martèlement bruyant suggère que l'arrêt pourrait durer probablement un peu plus longtemps. Comme la plupart des passagers, nous profitons de l'occasion pour remuer nos muscles étant très engourdis par le voyage.

Unterwegs in Ostafrika ...Un quart d'heure plus tard, le receveur, bien taché d'huile, sort en rampant de dessous le car: il tient un grand objet qui ressemble à un cylindre de frein: «Hakuna Matata» - tout cela ne serait pour lui pas de problème ! La pièce est placée sur le toit sans hésitation et disparaît entre les tas de bagages qui sont attachés. Et déjà le conducteur klaxonne et fait vrombir impatiemment le moteur. Le périple nocturne peut continuer. A quoi servirait d'ailleurs un seul cylindre à frein ! De toute façon, il y en a plusieurs !

Mit dem Bus durch Ostafrika ...En remontant dans le bus, nous sommes un petit peu plus vite que les autres passagers et nous nous assurons les places assises devenues libres. L'autre partie du voyage s'annonce un petit peu plus confortable. A dormir sur les banquettes usées transformées en plaques vibrantes, il est inutile d'y penser, si accablé de fatigue que nous sommes.

Les trois heures suivantes n'amènent rien de nouveau à part quelques eccymoses supplémentaires et une petite plaie à la tête. Mais si bizarre que cela puisse paraître, ce voyage un peu fou commence à me faire de plus en plus de plaisir. Chacune des nombreuses secousses me transmet le même message: Tu es de retour en Afrique ! Les vacances ont commencé ! Entre l'autoroute incroyablement plate et nous, il y a tout un autre monde ou toute une autre époque.
Eine von unzähligen kleinen Pannen
Après deux roulis dangereux où le car se penche de manière à nous couper le souffle, Am Taveta-Grenzübergangle conducteur abandonne définitivement la tentative de rase-motte sur la piste cahoteuse. A vitesse réduite, nous nous approchons de notre destination que nous atteignons une bonne heure avant le lever du soleil. Un terrain bourbeux marque la fin de ce voyage fatiguant. Comme la plupart des passagers restants, nous restons assis pour nous reposer au moins encore un petit peu et dormir quelques minutes encore.

Heures 10, lever du soleil, départ. Nous faisons les quelques 100 mètres jusqu' au poste frontière kényan sont vite derrière nous malgré nos sacs à dos lourds et nous nous acquittons des formalités de sortie en trois minutes. A travers un espalier d'acacias en fleurs extraordinaires, le voyage se poursuit. Il faut bel et bien passer par trois kilomètres de piste de glaise boueuse à moitié inondée. A mi-chemin, un pick-up de passage nous emmène. Ein Dorf an der StraßeNous devons comme la veille payer une taxe de visa de 50 dollars pour l'entrée à la Tanzanie. Assez impudent ! Nous poursuivons notre voyage en minibus, nommé «Matatu». Comme il est généralement de coutume en Afrique, le conducteur fait le tour de la petite localité frontière jusqu' à ce que la dernière des 13 places assises et des quatre strapontins soit occupée et cinq autres passagers avec beaucoup de bagages soient casés dans le véhicule d'une façon ou de l'autre. Et enfin on part. Bien que le Matatusoit, au moins de notre point de vue, plein à craquer, Ein "Matatu" - und wiedermal ’ne Pannele receveur debout dans la porte ouverte cherche de nouveaux passagers dans chacun des petits lieux le long de la route. Chaque fois qu'un autre passager réussit d'entrer de force dans le tout petit bus, nous sommes ébahis à nouveau. Contrairement aux déplacements à la traîne à travers les localités, les distances les séparant sont effectuées comme pour un rallye. Les vibrations sur la piste encore très cahotique a l'effet secondaire pratique que les passagers sont encore un peu plus «comprimés». A l'arrêt suivant, une femme âgée avec deux boîtes d'oeufs arrive encore à monter ...

Moshi, ville au pied du Kilimandjaro. A peine sortis du bus, les premiers racoleurs déjà forment la haie: «Kilimandjaro ? Safari ?» Chacun a un frère qui dirige la meilleure, la moins chère et même la seule agence qui offre des excursions et des guides. Blütenzauber in MoshiNous écoutons patiemment chaque offre et acceptons les cartes de visite ou les numé´ros de téléphone des organisateurs les plus intéressants et plantent là tout cet assemblement sans hésiter pour chercher d' abord un logement bon marché.

Obstmarkt in MoshiIl ne se passe pas deux heures que tout s'est éclairci à notre satisfaction: Nous avons une chambre propre au «Buffalo Hotel» situé au centre que nous ne devons même pas payer. Collin, le chef de «Collins Safaris Ltd.» se charge de la facture, ce qui fait partie de l'arrangement que nous avons pris avec lui concernant l'organisation de notre expédition au Kilimadjaro. Même s'il n'est pas difficile à`faire l'ascension de la plus haute montagne de l'Afrique, on n'obtient l'autorisation de l'escalader que si on engage un guide autorisé par l'Etat avec des porteurs et - Straßenschneider in Moshice qui est absolument nécéssaire ! - un cuisinier. Nous savions déjà que cela ne serait pas bon marché. A la fin, nous nous avons négocié avec Collin le prix de 580 dollars par tête pour une excursion de six jours, dont 405 dollars de taxe d'entrée pour le parc national et 175 dollars pour le guide, Kontakte - wer sind diese Fremden ?les porteurs, le cuisinier, la nourriture et les autres frais. Le lendemain déjà, l'excursion doit commencer. Quant à l'organisation, tout était réglé pour nous. Nous avons employé le reste de la journée pour découvrir les marchés riches en couleurs de la ville et surtout la cuisine du pays.

27/11/2004, 8 Heures 45 le matin. Un Matatu est à notre disposition. Ernest, notre guide de montagne attend devant lui pour nous renseigner sur les détails de l'ascension imminente. Puis, nous partons justement en direction du Kilimandjaro se dressant majestueusement. Peu à peu, Auf der Straße zum "Machame Gate"la route étroite étonnamment bonne commence à monter, mène à travers des plantations de café, de bananes et d'innombrables villages minuscules. Ça et là, Massai fait arrêter le conducteur. Nous profitons de courts arrêts pour jeter un coup d'oeil sur les paysans de montagne qui sont curieux de nous connaître, les étrangers, comme nous remarquons bientôt. On nous demande à plusieurs reprises si vraiment nous voulons escalader le sommet du Kilimandjaro. Et nous sommes toujours de nouveau surpris que cela suscite tant de respect où tant d'autres escaladeurs doivent presque quotidiennement passer. Approvisionnés de notre mieux de fruits et de viande fraîche, nous continuons peu de temps et une bonne douzaine de photos plus tard notre voyage sur une piste dangereusement sillonnée de l'eau de plus en plus raide.
Bananen, Mais und Kinder
La barrière mobile du «Machame Gate» indique la fin de notre voyage. Les plantations de bananes et de maïs cessent ici. Le parc national du Kilimandjaro est juste devant nos yeux !

«Machame» - à part la question des frais, le chemin à prendre pour l'escalade avait été un point des négociations les plus importants avec Collin. Nous ne voulions en aucun cas emprunter la piste «Marangu» ou nommée par ironie la route «coca cola» préférée de la plupart des touristes et assez aplatie. En alternatives on a discuté les routes «Umbwe», «Shira» et «Machame» cette dernière nous paraissant la plus intéressante. Die Ausrüstung wird gewogenEt voilà, maintenant, nous nous trouvons au point de départ de cette piste, tourmentés par la question: est-ce-que nous allons réússir ? Mais avant que nous puissions le savoir, il y a encore quelques formalités à accomplir: Nos renseignements personnels sont inscrits minutieusement dans un livre de visiteurs: le montant de l'entrée est recompté deux à trois fois. Massai regroupe l'équipe des porteurs. Les bagages sont répartis leurs poids étant contrôlés scrupuleusement à l'aide d'une balance à ressort. Aucun des porteurs n'est censé porter plus de 15 kilos sans compter leur besoin propre. Alors que mon sac à dos aussi doit être assigné à un des porteurs, j'insiste pour le porter moi-même. "Machame-Gate" - Eingang zum Kilimandscharo-NationalparkMassai demande de manière incrédule si j'en suis sûr. Non, je n'en suis pas sûr, je ne sais pas si c'est une erreur, si je risque d'échouer justement à'cause du sac. Mais si je réussis, cela doit arriver par mes propres forces !

10 Heure, nous commençons la première étape de la montée en passant par une rangée de curieux, Aufbruch - das Abenteuer beginntde marchands ambulants et des hommes attendant également d'être engagés comme porteurs. Un sentier bien entretenu mène de l'entrée du parc située à environ 1800 mètres au-dessus du niveau de la mer au «Machame Camp» à 3000 mètres de hauteur, tortillonne à travers la jungle de montagne épaisse et humide. Des fourgères géantes et des arbres géants recouverts de mousse limitent le sentier et la vue. Les cris des oiseaux et d'autres animaux nous accompagne, fait place à un silence presqu'effrayant pour recommencer ensuite. Les émetteurs de ces bruits ne nous sont visibles malheureusement que dans les cas les plus rares - et ceci seulement pour quelques secondes. Erste Etappe: Aufstieg durch den BergdschungelLe chemin continue à monter, pas trop en pente, mais assez pour que nous soyons en sueur. D'abord, nous ne sommes accompagnés que par Emmanuel - notre cuisinier et deuxième guide. Massai est quelque part derrière nous avec les porteurs. Une pluie courte, mais forte nous apporte une certaine fraîcheur et nous force à faire la première pause. Massai, qui nous a attrapé entre-temps, n'est pas satisfait: Nous sommes trop rapides. «Pole pole - doucement, doucement !» nous ex-horte-t-il. Bien. Près d'une petite cascade jaillissant d'un fouillis épais de végétation, nous faisons une halte plus importante, mangeons le contenu du paquet-repas qui nous avait été áttribué et donnons aux porteurs qui nous accompagnent, dont nous ne savons même pas le nombre, l'occasion de nous dépasser.

Riesenfarne im RegenwaldNous atteignons la limite supérieure de la jungle peu après 15 heures. La forêt devient buisson et lande presque soudainement, la montagne s'ouvre à notre regard. Des nuages s'adossent aux pentes, couvrent le plateau de «Shira» comme de la barbe à papa et enveloppent le sommet du Kilimandjaro. Le sentier tortille à travers la bruyère géante. Nous faisons une dernière petite pause et laissons les alentours complètement changés produire leur effet sur nous. Pratiquement 20 minutes plus tard, nous atteignons le premier camp - «Machame». La première étape est achevée - nous nous sentons en excellente forme ! Apparemment, les porteurs sous la direction de Massai ont déjà bien travaillé: Ankunft im Moor- und HeidelandLes tentes sont montées et l'eau chaude pour nous laver est prête - le luxe ! Tandis que nous nous inscrivons dans un livre des visiteurs, d'autres porteurs arrivent. Un surveillant vérifie encore une fois le poids des charges. Je profite de l'occasion pour faire peser aussi mon sac à dos: Das "Machame Camp" - die erste Etappe ist geschafft19 kilos - ciel, qu'est-ce que je traîne là sur la montagne ? Et qu'est-ce que tous ces porteurs traînent en fait aussi ? Est-ce que tous ceux-là font partie de notre groupe ? Un peu inquiets, nous remarquons le douzième, peu après le 13ème et le 14ème porteur - tous chargés de lourds paquets, panierset sacs. Quelques minutes plus tard, nous sommes mieux renseignés: Six autres randonneurs arrivent au camp, une Polonaise, un Canadien et quatre Suédois. Tout comme nous, ils espèrent aussi atteindre le sommet par la route Machame. Entre-temps, notre cuisinier a achevé sa tâche - et il s'est vraiment donné de la peine: Gepäck-Kontrolle im "Machame Camp"sur une nappe étalée entre les roches nous attendent une soupe de broccoli, des crêpes avec du miel, les cuisses de poulet accompagnés de riz et de légumes, et des fruits. Un repas qui n'aurait été meilleur dans aucun restaurant de Moshi. Compliment au cuisinier. Nous employons le reste de la soirée pour explorer les alentours proches du camp et pour parler un peu avec Massai, Aufbruch zur zweiten Etappenos porteurs et naturellement les autres randonneurs. Peu de temps après le coucher du soleil, chacun se retire dans sa tente. Il s'agit de rassembler ses forces pour la deuxième étape.

28/11/2004, 6 Heures 30 le matin. Un des porteurs cogne à l'heure comme convenu à notre tente. Le bac pour se laver est rempli d'eau fraîche et le petit déjeuner ne se fait pas attendre. Au camp, l'agitation domine. Les tentes sont démonties et les charges à porter sont réparties. Tout cela fonctionne parfaitement et là où il y a des problèmes, Massai est là pour remettre de l'ordre. Une bonne heure plus tard, tout est prêt poue le départ. Tout comme hier, nous sommes les premiers à commencer l'escalade - et comme hier, Emmanuel, notre cuisinier, nous accompagne d'abord. Le sentier sensiblement plus étroit tortille à travers un monde bizarre de rochers, de broussailles et de sénéçons géants - une sorte de région de marécage et de lande. De longs rideaux filamenteux de lichens de vert pâle foisonne des branches - pour le moment dénudées- des arbres de la lande, ressemblent à de très vieilles banderoles usées par le temps. Heide und Flechten wetteifern um LebensraumDes lambeaux de nuages et des voiles de brouillard flottent lentement au-dessus du flanc de la montagne, confèrent à la scène une atmosphère presque mystique. Ce n'est que rarement que les nuages se disloquent et donnent libre vue pour quelques secondes sur la forêt bien en contrebas, se reforment peu après encore plus dense qu'auparavant. Tout à coup, la vue se limite à quelques mètres, Gladiolen - Farbtupfer zwischen grauem Steince qui dirige notre attention sur les détails le long du chemin. Des fleurs merveilleuses poussent ici et forment avec leurs têtes en forme de cloche d'un rouge tendre et lumineux un des plus nets contrastes avec les rochers gris. Et il y a encore d'autres plantes à découvrir: des plantes similaires au yuccaavec des touffes de fleurs énormes, des fleurs de paille et des immortels, des chardons en fleurs et le sénéçon - une plante qui nous a particulièrement fasciné. De loin, cette plante ressemble plutôt à un palmier couronné de feuilles épaisses au lieu de palmes. Ce n'est pas rare que le tronc se divise comme un candélabre géant et qu'il atteigne une hauteur de trois, parfois même de quatre mètres. Entre les plantes, des animaux à la fourrure aux dessins attrape-l'oeil semblables à des souris se faufilent et disparaissent à Riesenkreuzkrautla vitesse de l'éclair lorsque nous approchons de trop près. Massai les appelle «souris de la montagne à quatre rayures» - un nom très adéquat. Enthousiasmés par le paysage bizarre avec sa flore et sa faune inhabituelle, nous suivons volontiers les instructions de notre guide, faisons toujours quelques courtes pauses et donnons ainsi aux porteurs l'occasion de nous dépasser.

14 Heures 20, plus vite que prévu, nous atteignons le but de notre deuxième étape, le «Shira Camp» à 3840 mètres d'altitude sur le plateau du même nom. Tout comme le jour précédent, une tente déjà montée et un petit rafraîchissement nous attendent. Et aussi comme hier, nous devons nous inscrire «à vie» dans le registre du camp. Flink und scheu: eine "Vier-Streifen-Bergmaus"Un quart d'heure plus tard, alors que nous sommes en train de nous installer à moitié à notre aise, nous devenons témoins d'un spectacle de la nature à nous couper le souffle: Une rafale déchire l'amas de nuages qui pèse sur le plateau et les pousse dans la vallée. Tout à coup, le ciel devient bleu et nous nous retrouvons au-dessus des nuages ! Comme les pics d'un récif noir, les arêtes de la «Shira Ridge» émergent de la mer de nuages ondulée. En vitesse, nous saisissons nos appareils-photo et laissons tout en plan pour pérenniser l'événement avec photo et vidéo. Nous attendons à ce que le vent emporte ce rideau de nuages aussi, nous cherchons un poste d'observation plus propice et mettons en place nos appareils-photos. Notre patience est cependant durement mise à l'épreuve: Les nuages se dissolvent lentement, Blick über die "Shira Ridge"découvrant ici une partie grisâtre de falaise et par là la couche de glace d'un banc resplendissant d'un glacier. Ce n'est que quelques minutes avant le coucher du soleil que se montre le sommet du Kilimandjaro dans toute sa splendeur. Enfin ! C'est une vue pour laquelle cette longue attente a vraiment valu la peine: C'est au-dessus de la petite coupole de notre tente que se montre la coupole impressionnante de la plus haute montagne africaine, illuminée des derniers rayons de soleil d'un rouge presque artificiel ! On nous attend déjà avec impatience au camp. Le repas est prêt: potage, ragoût de boeuf épicé avec des patates douces et des fruits - encore une fois un exploit culinaire de notre cuisinier. Qu'est-ce qu'on peut vouloir de plus pendant une telle soirée ?
Sonnenuntergang über dem "Shira Camp"
La nuit cependant est désagréable. Un fort mal de tête m'empêche de dormir. Jörg, près de moi dans son sac de couchage, a les mêmes problèmes. S'agit-il déjà`de symptômes de la maladie des hauteurs Abendstimmung im "Shira Camp"ou seulement d'effets secondaires désagréables des comprimés de malaria que nous avons dû avaler hier ? Les heures traînent horriblement lentement, me tenant captives quelque part entre un demi-sommeil et des cauchemars épouvantables: ... nous n'y arrivons pas ... nous devons faire demi-tour juste avant le sommet ... tout cela en vain ... tout cela en vain ...

Les coups donnés sur la tente pour le réveil m'arrachent de cet état somnolant peu reposant. Frühstück nach einer schlaflosen NachtLe nouveau jour a commencé, il est bien temps de se lever. Jörg aussi a l'air de n'avoir pas fermé un oeil de toute la nuit. Comme assommés, nous faisons tout ce qu'il y a à faire et avalons le petit-déjeuner qui a au fond l'air très bon. Peu avant notre départ, Massai vient nous voir avec sa carte pour nous présenter les deux itinéraires possibles pour aujourd'hui. Weiter geht es über das "Shira Plateau"Nous voulons monter du camp au «Lava Tower Pass» à 4570 mètres d'altitude et enfin redescendre au «Barranco Camp» - la prochaine étape. A demi chemin, il y a la possibilité d'abréger le chemin en contournant le col. Une idée attrayante, même si une étape plus longue servait mieux à notre acclimatation. Tout d'abord, nous retardons la décision; elle dépendra de notre forme physique des prochaines heures.

29/11/2004, 8 Heures 15. Blick über das "Shira Plateau"Nous partons avec nos porteurs et les autres escaladeurs, nous suivons le sentier à peine reconnaissable traversant le «Shira Plateau» en pente douce vers l'est, directement vers le sommet du Kilimandjaro. Le «Kibo» se trouve immédiatement devant nous, inondé de soleil, et semble presque planer au-dessus de l'immense plaine. Le paysage est parsemé de rochers petits et gros. Il n'y a plus aucun signe de la végétation changeante des régions situées plus bas. Kurze Rast vor "Junction Point"Ce ne sont que des touffes d'herbes tenaces et jaunâtres et de la petite broussaille éparse qui égayent quelque peu le triste gris du rocher et se réduisent avec chaque mètre d'altitude supplémentaire jusqu'à´disparaître entièrement. Nous avons atteint la région du désert caillouteux.

Dans la matinée, des nuages arrivent de nouveau, cachent le «Kibo» et limitent la vue à quelques centaines de mètres. Peu à peu, la montée devient plus raide. L'air des hauteurs sensiblement moins dense nous force à toujours faire de petites pauses. La marche éprouvante a cependant ses bons côtés aussi, faisant diversion de nos maux de tête jusqu'à nous les faire oublier complètement. Sans le vouloir, nous marchons de plus en plus vite, commençons à dépasser les porteurs devant nous. Tout de suite, Massai apparaît à nos côtés et nous freine: «Pole pole - doucement, il faut garder les forces 

Routenplanung am "Junction Point"A 11 heures 15, nous atteignons «Junction Point», la bifurcation des chemins annoncée. Sans hésiter, nous choississons le chemin plus difficile - le chemin à la «Lava Tower». Cela signifie une heure supplémentaire d'ascension quelque part entre les falaises et les nuages, entre le vent froid cinglant et la bruine, une heure pendant laquelle le poids de mon sac à dos semble redoubler et pendant laquelle je me demande plusieurs fois pourquoi nous n'avons pas choisi le chemin plus facile comme les porteurs, Emanuel & Massai - unsere Bergführermais aussi une heure pendant laquelle nous pouvons de plus en plus nous habituer aux rudes conditions de cette altitude.

12 Heures 15. La silhouette de la «tour de la lave» se détache des nuages bas. Une petite pyramide en pierre marque la fin de notre ascension. Abrité du vent par les parois rocheuses raides, nous faisons un repas et déjeunons des sandwiches et de l'eau. Ebahis, Über den "Lava Tower Pass"nous observons une des petites et lestes souris de la montagne qui s'empare de manière fulgurante d'une des miettes tombées à terre. Qui aurait cru que l'on peut rencontrer ces animaux drôles dans une ambiance aussi hostile !

Reconfortés et reposés, nous continuons notre chemin une demie heure plus tard. Massai nous conduit à travers une incision étroite dans le rocher - le col proprement dit. Derrière le sentier descend de manière raide en passant par de l'éboulis dangereusement instable. Rast am "Lava Tower" - 4570 m über NNEn stricte contradiction à ses exhortations à marcher le plus lentement possible, il descend d'une vitesse infernale. Jörg et moi avons de la peine à suivre. Et la pente est sans fin. Le versant couvert d'´éboulis très étendu continue toujours à mener en direction de sud en s'introduisant dans la vallée de plus en plus étroite où coule un torrent de montagne. Lentement, mes genoux commencent à me faire mal et le sac à dos pèse désagréablement sur mes épaules. Les nuages et le brouillard limitent la vue, couvrent tout ce qui est éloigné´de plus de 50 mètres de nous. Non obstant, nous descendons de plus en plus, nous nous approchons pas à pas du «Barranco Camp» situé à 630 mètres au-dessous du col. A un endroit protégé par des parois rocheuses nous découvrons les premières plantes imposantes: du cénéçon noueux - indice certain que nous nous approchons de la zone végétale et donc du camp. En effet, nous atteignons le camp dix minutes plus tard. La troisième étape est derrière nous.
Emanuel - unser Koch und zweiter Führer
Naturellement, les porteurs sont déjà là et les quatre Suédois aussi, qui ont choisi le chemin plus facile, sont déjà`assis devant la tente. Nous nous inscrivons dans le livre de visiteurs du camp et rejoignons alors les Suédois. Mais après une courte conversation, je commence alors à m'inquiéter. Les voiles brumeux flottant au-dessus de la vallée commencent à s'estomper, découvrant de plus en plus de détails sur les alentours proches qui sont évidemment beaucoup trop intéressant pour gaspiller le reste Zelten am Rande der "Barranco Schlucht"de l'après-midi au camp ...

«Barranco» - le ravin. Comme nous remarquons tout de suite, cet endroit ne porte pas ce nom sans raison, une incision dans la vallée impressionnante limitant le côté est du camp. Ce sont plusieurs torrents en chute qui se rencontrent ici, se jettent en cascades sur une hauteur d'une vingtaine de mètres. Du cénéçon à troncs élevés pousse dans la gorge constamment humidifiée Ein Nachmittag im "Barranco Camp"et forme une végétation apparemment aux origines lointaines au fond du ravin. Les premiers rayons de soleil passent à travers la couche de nuages de plus en plus mince, illuminent des parois rocheuses et des plantes, diluent lentement, mais constamment les derniers restes de vapeur et donnent enfin libre vue sur le dôme rocheux montant à pic de façon vertigineuse au nord du ravin: le sommet du Kilimandjaro apparaissant déjà à portée de main. Le fatigue des heures passées est tout d'un coup oublié, oublié aussi l'idée d'un après-midi tranquille au camp. Armés des appareils-photos, nous partons du camp quittant notre guide de montagne qui a l'air assez ébahi et cherchons un chemin praticable menant au ravin.

La descente n'est pas trop difficile; le sentier traversant le ravin l'est d'autant plus. De la boue à la hauteur des genoux éloigne la forêt de cénéçon. Mince ! Comment avancer ? La raison dit «halte», mais l'appât de photos singulières est grand ! Der "Kibo" überragt die "Barranco Schlucht"J'avance à tâtons toujours le long des rives pleines de pierres d'un torrent. Le temps presse, le soleil menace de se coucher, émet une lumière optimale pour prendre des photos. Il ne faut pas perdre l'occasion ! En ignorant la boue, je commence à courir, directement dans le fouillis de plantes. Le «Kibo» s'élève au-dessus de ce monde bizarre de troncs noueux et de cimes, semble directement y émerger. Le «Glacier Heim» d'un blanc lumineux contraste avec le bleu acier du ciel, encadré d'une végétation d'un vert intense. Der "Kibo" vom "Barranco Camp" gesehenAucun doute - cette photo vaut une paire de chaussures complètement trempées et recouvertes de boue !

Le dîner devant notre tente devient un événement exceptionnel - et cela pas seulement dû aux talents culinaires d'Emanuel. La vue impressionnante que nous avons pendant le repas contribue grandement à notre délice. Le «Kibo», Aufbruch zur vierten Etappeilluminé des derniers rayons de soleil d' une lueur rouge orangé, nous offre un spectacle extraordinaire: Un ruban étroit de nuages s'est posé comme une collerette autour du sommet. Des nuages montant de la vallée, entourent le pied de la montagne, montent lentement de plus en plus haut et transforment le pic en île noyée au milieu d'un océan blanc-gris. Les rafales de vent causent du changement continuel, ne laissent pas devenir la scènerie ennuyeux, jusqu'à ce qu'enfin la lumière du soir s'éteigne. Durchquerung der "Barranco Schlucht"La lumière du sommet s'éteint - le spectacle est fini.

Après le repas, Massai nous joint, demande si nous avons déjà examiné l'ascension du prochain matin et montre en ricanant la paroi rocheuse qui limite le ravin Barranco sur le côté opposé. Nous rions aussi, tenons tout cela pour une blague. La paroi désignée paraît, vue du camp, très raide, presque verticale et monte à 70, peut-être même à`80 mètres de hauteur. Massai devient sérieux; Non, ce n'est pas une blague, «that becomes your second breakfast» - cela doit être notre «deuxième petit-déjeuner». Bon appétit donc ! Encore longtemps après que Massai nous a laissés seuls, nous regardons la paroi, nous creusons la tête pour savoir où pourrait se cacher le sentier - car qu'il doit y avoir un chemin est certain, ben, assez certain. Comment les porteurs avec leurs charges encombrantes pourraient-ils surmonter cet obstacle ? En plus, l'équipement nous manque pour une telle escalade - il doit y avoir donc un chemin quelque part, même si nous ne le découvrons pas dans la pénombre. "The Breakfast" - Aufstieg aus der "Barranco Schlucht"Pleins d'attente de ce que le prochain jour nous apportera, nous nous retirons enfin dans notre tente. Une autre nuit désagréable est devant nous ...

30/11/2004, 6 Heures le matin. Nous sommes réveillés un peu plus tôt qu'ailleurs. Notre premier regard se dirige naturellement vers la paroi rocheuse fatale sur l'autre côté du ravin. Halbe Höhe - Aufstieg aus der "Barranco Schlucht"En effet, quelque chose y bouge. Un premier groupe de porteurs est en chemin - une chaîne de points multicolores qui montent lentement, mais constamment la paroi. Une vue aventureuse !

Heures 37, lever du soleil. A peine avons-nous fini le petit déjeuner que Massai apparaît pour demander si nous sommes prêts pour monter. Naturellement que nous sommes prêts impatients pour savoir quel sera le chemin mystérieux passant à travers les falaises. Après quelques coups de main au camp nous partons, suivons Emanuel qui assume à nouveau le rôle de guide. Die letzten Meter - Aufstieg aus der "Barranco Schlucht"D'abord, il s'agit de traverser le ravin. Comme il devient vite évident, il y en a une meilleure possibilité que celle que nous avons trouvé hier soir. Un chemin de pierres passant un peu plus au-dessus du camp conduit commodément vers la vallée. Nous traversons le torrent en essayant de garder l'équilibre sur des rochers et passons le fond de la vallée bien accessible à cet endroit. Ça y est ! Nous nous trouvons immédiatement face à la paroi rocheuse. La forêt de cénéçon paraît infime vu d'ici haut; les cascades sont visibles de manière merveilleuse du bord ultérieur du ravin. On continue à escalader en zig-zag. Le terrain s'aplatit lentenment, l'ascension devient plus facile. Nous atteignons enfin, une heure après notre départ, un petit plateau. La partie la plus dangereuse de cette escalade est achevée. Respect face aux exploits des porteurs qui ont pris avec nous cet à pic en balançant, dans la plupart des cas, leurs fardeaux sur leur tête !
Blick in die "Barranco Schlucht"
La partie suivante presque six kilomètres de long est relativement facile à achever. Nous suivons le flanc sud de la montagne à 4100 mètres de hauteur et atteignons à`peu près deux heures plus tard le bord de la «Karangu Valley» - une autre incision de vallée profonde. Sur le plateau ultérieur, on reconnaît déjà notre prochain but, mais au lieu de 500 mètres de ligne droite une ascension et une descente difficile et épuisante nous sépare de la pause de midi bien méritée au «Karangu Camp». De l'éboulis léger et des blocs de pierre grands de plusieurs mètres rendent la descente dans le ravin plus difficile, Abstieg in das "Karangu Valley"le sac à dos lourd ne rend pas la marche plus facile. Au fond de la vallée, une riche végétation pousse - même si le ruisseau qui a formé ce ravin est tari. Un oiseau bleu chatoyant vole dans un bruissement d'ailes autour des plantes portant des fleurs et nous fournit un merveilleux objet de photographie et une bonne occasion pour une brève pause. En continuant à marcher, une lanière de mon sac à dos e déchire. Ça en plus ! Je la répare avec une pièce de fil métallique solide ce qui rend très inconfortable. Mais la réparation de fortune semble résister. De la vallée, l'ascension est moins raide qu'attendu et l'espoir d'une longue pause nous stimule.

11 Heures 45, pause de midi. Kreuzkraut im "Karangu Valley"Des oiseaux de la taille de moineaux - de soi-disants «chats» profitent avec effronterie de chaque occasion pour voler quelques miettes de notre paquet de repas. Nous les laissons faire; nous en avons plus que nécessaire car Jörg, tourmenté des symptômes de la maladie des hauteurs, Beobachtungen im "Karangu Valley"ne mange guère plus que les chats eux-mêmes. Une heure plus tard, Massai nous repousse au départ. A peu près 600 mètres de hauteur sont à`achever avant que nous atteignions le dernier et le plus haut camp - le «Barafu Camp». Les Suédois restent definitivement en arrière. Deux d'entre eux souffrent gravement de la maladie des hauteurs. Jörg aussi, il a très mauvaise mine et moi, jene vais pas beaucoup mieux - mais nos forces suffisent encore pour continuer.

Les trois heures suivantes exigent tout ce que nous pouvons rassembler d'énergie et de force de volonté. Massai nous guide à travers un chaos de blocs de lave, Beobachtungen im "Karangu Valley"de nuages et de brume épaisse. Nous le suivons avec peine - mètres par mètres, chancelant, trébuchant, stoïque. Il est de plus en plus difficile pour moi de combattre la tentation de me laisser simplement aller et d'abandonner. Pour me changer les idées, je commence à compter les pas - à m'imaginer combien il pourrait y en avoir encore jusqu'au camp: 100 ... 500 ... 1000 ... ? Cette damnée escalade n'en finit simplement pas - et la vue se limite de nouveau à quelques douzaines de mètres !

Et enfin nous nous trouvons au bord du «Barafu Camp». Auf dem Weg zum "Barafu Camp"Comme sorti du néant émerge des voiles de nuages une première tente. Halléluia ! Deux de nos porteurs sont déjà arrivés et en train de monter nos tentes. Naturellement, nous mettons la main à la pâte - même si la tentation est grande de simplement laisser tout tomber et ne bouger plus un doigt. Après quelques minutes, les tentes sont prêtes - pause ... repos ... dodo !

A peine nous sommes-nous couchés qu' Emmanuel apparaît déjà avec une casserolle pleine de nouilles à l'entrée de la tente. Non ! Ni Jörg ni moi éprouvons le désir de manger quoi que ce soit maintenant. Mais Emmanuel reste impitoyable: Nous devons manger - pas de contradiction ! Alors bon. Poussés par l'espoir de retrouver notre tranquilité par la suite, Ankunft im "Barafu Camp"nous avalons avec difficulté deux louches de ragout. Même après, toute forme d'oisivité est impensable. Quelque temps après qu' Emanuel est parti avec la casserole à moitié pleine, Massai nous appelle de la tente pour discuter de l'ascension imminente: on veut partir peu après minuit pour que nous puissions observer le lever du soleil. 4550 m ü.NN - "Barafu Camp" - letzte Station vor dem GipfelEspérons que la pratique se déroule aussi bien que la théórie. Toutefois, il nous reste encore des heures pour rassembler des forces pour cette étape la plus difficile de toutes. Mais bien qu'on nous laisse vraiment tranquilles à présent, nous n'arrivons pas à nous endormir. Un mélange d'excitation et de malaise nous tient éveillé. Les minutes passent lentement, s'étendent, ne veulent tout simplement pas s'écouler. Enfin, la nuit commence à tomber, mais le sommeil tant désiré se laisse attendre. A chaque instant, un de nous allume sa lampe de poche pour pour regarder l'heure: Quoi ? Il n'est que vingt heures ? - Frustrés, nous décidons de passer le temps en jouant aux cartes.

A un moment ou un autre, la fatigue a enfin le dessus et je suis assez surpris de ce que midi soit déjà passé au prochain regard sur la montre. Je suis complètement réveillé tout d'un coup: Mince ! Nous ne nous sommes pas réveillés à´l'heure. Pendant que j'essaie de me délivrer de mon sac de couchage dans l'obscurité, quelque chose se passe aussi dans la tente de nos accompagnateurs. Massai nous appelle à nous réveiller ! Quelques minutes plus tard, une activité févrile règne dans notre petit camp. Un vent nocturne glacial chasse les derniers restes de fatigue de nos membres, incite les porteurs à la plus grande diligence - ils pourront réintégrer leurs sacs de couchage bien chauds. Tout foncionne impeccablement. Pendant que nous contrôlons une dernière fois nos équipements rasssemblés avec soin, un des porteurs nous tend de l'eau et des provisions pour l'ascension, un autre prépare un petit- déjeuner léger. 50 minutes après l'appel au lever tardif de Massai, tout est prêt pour le départ.

01/12/2004, 1 Heures 20 le matin. Accompagnés de Massai et d' Emmanuel et de beaucoup de bons souhaits de la part de nos porteurs, nous entamons «l'assaut au sommet». 01.12.2004, 1:20 Uhr - der Sturm auf den Gipfel beginntMaintenant ça y est ! A la lumière faible de nos lampes frontales, nous traversons le camp rendu désert et surmontons les premiers mètres des derniers restants en forme d'une cascade rocheuse modérément accessible. Massai assume la direction de notre petit troupe; Jörg; Emanuel et moi suivons au pas de l'oie. En traversant une vallée en pente douce, nous nous sommes approaches lentement d’un flanc d’un cô ne volcanique, faible silhouette devant le ciel nocturne d’un noir intense. Maintenant que les premiers pas de cette étape décisive étaient faits, je me suis sentie mieux – beaucoup mieux ! Les maux de tête oppressants avaient disparus. Chaque mètre de cette ascension nocturne me redonne petit à petit confiance en moi. Enfin, je deviens presque euphorique: Nous pouvons réussir ... nous réussissons !

3:00 Uhr - Verschnaufpause - ca. 5000 m ü.NNTout est obscur autour de nous. On ne voit pas la lune et les faisceaux lumineux de nos lampes arrachent à la nuit de bandes fugitives des alentours les plus proches. C'est d'autant plus splendide qu'apparaissent les mille et mille étoiles au firmament presque sans nuages. Haut au-dessus de nous, la glace du «Glacier Rebmann», qui flanque le sommet, réflète cette faible lueur et fonctionne comme un panneau indiquant notre but.

Toute petite à petite, l'ascension devient plus raide et pénible, l'air encore plus rare. Massai fait strictement attention à ce que nous ne courions pas trop vite. «Pole, pole- lentement, lentement !» entendons-nous encore une fois. Cependant, ses exhortations sont cette fois complètement superflues, car chaque pas trop rapide est puni du manque de souffle que nous avons.

Heures 30. Entre-temps, nous nous trouvons immédiatement à l'escarpement du volcan. De l'éboulis meuble couvre le sol, cède à nos pas et rend ainsi notre avancée très difficile. Dans de distances irrégulières, nous faisons de courtes pauses; nous accordons à nos poumons fatigués quelques moments de repos. Et cela continue lentement, pas à pas, mètre à mètre. Les points de lumière tout petits de nos lampes à front dansent au rhythme des pas, se glissent rapidement sur des formations de lave bizarres, la roche grise et toujours sur de l'éboulis nouveau.

Heures 15. Pour Jörg, une crise semble s'annoncer. Il vacille et trébuche de plus en plus souvent et a besoin à chaque pas d'un peu plus de temps pour pouvoir continuer à marcher. Massai pense que nous nous trouvons vraisemblablement à 5000 mètres d'altitude. Pour nous, ce n'est pas une nouvelle très encourageante car nous avons cru être beaucoup plus proches du sommet.

Heures 40. Jörg s'est effondré. Emanuel doit descendre au camp après une courte pause. Bien que je m'y suis attendu, la nouvelle me choque. Nous en sommes venus si loin ensemble et voilà cela ! 5:00 Uhr - Morgendämmerung - ca. 5300 m ü.NNNaturellement, nous avons pris deux guides expressément - pour un tel cas d'urgence ! Même si Massai et moi continuons à monter - la victoire sur le sommet ne vaudra sans Jörg que la moitié ! Attention, ce n'est pas encore si loin: Jörg est tout à coup à côté de nous, demande un morceau de chocolat et a l'intention ferme de continuer l'ascension au sommet avec nous. Massai est scéptique et indique les dangers d'un noueau collapse peut-être plus violent encore. Toutefois, Jörg insiste pour que nous continuions l'ascension et Massai donne enfin son accord.

Heures. 5:55 Uhr - Sonnenaufgang über dem "Mawenzi"A l'est de l'horizon, une lueur rouge annonce l'aurore. Quelques centaines de mètres au-dessous de nous s'est formée une épaisse couche de nuages qui gît comme de l'ouate sur la selle entre le «Kibo» et le «Mawenzi» voisin. Seule la crête ébréchée du sommet voisin haut de 5149 mètres domine le banc nuageux. Pendant l'heure précédente, nous avons bien avancé malgré malgré les problèmes persistants de Jörg et nous nous trouvons enfin à environ 5500 mètres au-dessus du niveau de la mer. Les premiers témoignages du «Glacier Rebmann» se trouvent à portée de main.

Heures 40. Jörg s'effondre pour la deuxième fois. Cette fois, c'est Massai qui lui redonne courage. Seulement quelques douzaines de pas nous séparent du bord du cratère et ceux-ci, on les fait ensemble !

"Stella Point" - 5748 m ü.NN - der Kraterrand ist erreichtHeures 55. Exactement à l'heure pour regarder le lever du soleil, nous atteignons «Stella Point» - le bord du cratère à 5748 mètres de hauteur. Des rafales glaciales nous accueillent, traversent nos vêtements et gèlent notre souffle. Mis à part le sentiment de mourir de froid, nous restons ébahis par un panorama absolument extraordinaire: Devant nous, au nord, s'ouvre l'imposant cratère du Kilimandjaro. Kaskaden aus Eis: der "Rebmann-Gletscher"De larges parois de glacier - les soi-disants «champs de glace» limitent le cratère sur trois côtés, forment avec leur blanc lumineux un contraste violent avec la pierre de lave sombre. Vers l'ouest s'étendent les avancées crevassées du «Glacier Rebmann». Au sud, la paroi du volcan tombe à pic, disparaît dans une mer onduleuse formée de nuages et de brume alors qu' à l'est, sous un ciel matinal d'un rougeur flamboyant, s'élève la silhouette noire dentelée du «Mawenzi». Le froid est pénétrantet engourdit les doigts en photographiant. Les motifs sont cependant si différents, si uniques, si fugitifs que je ne prends même pas le temps de me réchauffer mes mains douloureuses pour quelques secondes dans mes moufles. Le ciel occidental perd vite sa couleur bleue-noire et la lumière prend le dessus des restes de la nuit. Les premiers rayons de soleil émergent comme des javelots des nuages bas et enluminent la mer de nuages. Massai & Emanuel vor dem "Heim-Gletscher"De la lumière sort à flots du cratère et donne des couleurs et des contours au fond du cratère. Quel spectacle !

Nos deux guides qui souffrent beaucoup plus du froid que nous nous pressent à partir. Pendant que Massai et moi continuent l'ascension au sommet proprement dit, Emanuel veut descendre au camp avec Jörg. Après déjà quelques minutes cependant nous les voyons tous les deux courir derrière nous. Aiguillonné par la victoire au sommet, Jörg veut à présent nous accompagner jusqu'au bout. Que sont donc de petits maux comparés à une telle expérience ? En passant un monde d'une beauté irréelle formé de la glace du glacier et des roches de lave nous continuons à marcher et suivent le bord du cratère vers l'ouest. De manière raide se dresse le «Champ de Glace de Sud» à notre gauche - un mur bel et bien haut de 20 mètres et long de 1000 mètres presque tracé au cordeau formé de glace blanche-bleue. Un peu plus loin, le «Glacier Heim» que nous avons vu déjà paraît.

Les derniers mètres nous paraissent presque comme une promenade. L'air est aussi rare et froid qu'avant, mais tout cela ne joue plus un très grand rôle dans la certitude d'avoir atteint notre destination désirée depuis longtemps. Enfin, une colline plutôt de peu d'apparence se dresse devant nous: «Uhuru Peak» - le sommet du Kilimandjaro, le point le plus élevé de l'Afrique !

01/12/2004, 7 Heures 15 le matin. Un panneau de bois 01.12.2004, 7:15 Uhr - "Uhuru Peak" - 5895 m ü.NN - am Zielmarque la fin de notre acension: l'«Uhuru Peak» le «sommet de la liberté»- 5895 mètres au-dessus du niveau de la mer! Après une dernière étape de presque six heures, nous nous trouvons - nous Massai, Emanuel, Jörg et Heiko - sur le toit de l'Afrique. Un sentiment de bonheur incroyable se répand: Nous avons réussi - ensemble malgré tous ces obstacles ! Les peines et privations des derniers jours n'étaient pas pour rien. A présent, nous pouvons nous offrir une pause, nous réjouir de la vue de contes de fée et faire les photos du sommet longtemps désirées. Enfin, Massai nous exhorte à partir. Une descente certainement très intéressante conduisant par la «Route de Mweka» est devant nous - et, après, deux autres semaines merveilleuses ce phantastique Est africain ...

Auteur: Heiko Otto     Traduit: Nick Grashof 
Décembre 2004             Janvier 2015       


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